Une très jeune société, Glowee, propose un éclairage des plus originaux : un petit peuple de bactéries rendues bioluminescentes et présentées sous de multiples formes. Plutôt conçue pour la décoration ou pour illuminer un évènement, du moins pour l’instant, cette lumière est trop faible pour éclairer une pièce mais elle ne consomme rien. Nicolas Cornille, ingénieur issu de Sup’Biotech, nous explique ce principe.

 

Tout est venu des abysses, où des animaux savent se signaler dans les profondeurs obscures en émettant de la lumière par bioluminescence, comme le font aussi les vers luisants et des algues planctoniques. Deux étudiantes en design se disent, devant un reportage montrant ces organismes colorés, que cette source de lumière pourrait un jour servir aux humains. Le projet Glowee est lancé et remporte le concours Art’Science. Ne reste plus qu’à le concrétiser, ce qui sera fait avec une équipe de l’école Sup’Biotech, qui connaît les gènes, les bactéries et la biochimie (voir la vidéo dans laquelle la cofondatrice de Glowee, Sandra Rey, explique cette naissance).

« Nous utilisons six gènes venus d’un calmar abyssal, attaque d’emblée Nicolas Cornille, issu de Sup’Biotech et qui vient d’intégrer la toute jeune société. Et nous les avons introduits dans la bactérie Escherichia coli. »Une sorte d’interrupteur fait partie du dispositif, le promoteur PBAD, dans l’ADN de la bactérie. Il s’active quand un certain sucre, l’arabinose, est abondant dans le milieu, déclenchant la lecture des gènes voisins. S’il s’agit de ceux qui produisent les protéines bioluminescentes, la bactérie s’allume…

Voilà donc le bouton « Marche » : il suffit d’ajouter ce sucre dans le milieu de culture des E. coli. On remarque l’absence de bouton « Arrêt » : la lumière, une fois émise, va jusqu’à l’épuisement des bactéries, selon une durée très variable. « L’éclairage peut durer plusieurs heures, voire plusieurs jours, selon le milieu et la température. » La lumière, vers 490 nm, est bleue.